Revoir les appels à une action mondiale pour lutter contre la crise de la résistance aux antibiotiques

“Les superbactéries tueront une personne toutes les trois secondes d’ici 2050, à moins que le monde n’agisse maintenant”, rapporte BBC News.

Une étude commandée par le gouvernement britannique indique qu’une action de grande envergure est nécessaire au niveau mondial pour prévenir un futur post-antibiotique.

Le comité d’examen, présidé par l’économiste Jim O’Neill, prévient que sans une action mondiale, la résistance aux antibiotiques deviendra un «problème dévastateur» d’ici 2050, responsable d’environ 10 millions de décès par an.

La chirurgie pourrait également entraîner un risque beaucoup plus élevé de complications en raison de la possibilité d’infection.

Qu’est-ce que la résistance aux antibiotiques?

Les antibiotiques sont souvent utilisés pour traiter les infections bactériennes et constituent la pierre angulaire des soins pour les maladies infectieuses.

Cependant, les bactéries évoluent en réponse à leur environnement. Au fil du temps, ils peuvent développer des mécanismes pour survivre à un cours de traitement antibiotique.

Cette “résistance” au traitement commence comme une mutation aléatoire dans le code génétique de la bactérie, ou le transfert de petits morceaux d’ADN entre les bactéries.

Si les mutations leur sont favorables, elles sont plus susceptibles de survivre au traitement et de pouvoir se répliquer, et sont donc plus susceptibles de transmettre leur résistance aux futures générations de bactéries.

Lorsqu’ils sont pris correctement, les antibiotiques tueront la plupart des bactéries non résistantes, de sorte que ces souches résistantes peuvent devenir la souche dominante d’une bactérie. Cela signifie que lorsque les gens deviennent infectés, les traitements existants peuvent être incapables d’arrêter les infections.

Quelles recommandations l’examen fait-il?

L’examen fait 10 recommandations, décrites ci-dessous.

Lancer une vaste campagne de sensibilisation publique mondiale

La question de la résistance aux antibiotiques n’est toujours pas pleinement appréciée, en particulier dans le monde en développement, où les antibiotiques sont souvent vendus sans ordonnance.

L’examen estime qu’une campagne mondiale réussie pourrait être montée pour environ 40 à 100 millions de dollars par an, une fraction des coûts de publicité pour des produits comme les aliments pour animaux de compagnie ou de chocolat.

Améliorer l’hygiène et prévenir la propagation de l’infection

Améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, promouvoir les meilleures pratiques en matière de contrôle des infections hospitalières, et simplement encourager les gens à se laver les mains aideront tous à prévenir l’infection.

Réduire l’utilisation inutile d’antibiotiques en agriculture

La Food and Drug Administration des États-Unis estime que 70% des antibiotiques utiles sur le plan médical sont effectivement vendus pour être utilisés chez les animaux.

Il soutient que les antibiotiques d’importance critique devraient être limités à partir des ventes d’animaux.

Améliorer la surveillance mondiale de la consommation et de la résistance aux médicaments

Les gouvernements doivent partager des données sur la consommation d’antibiotiques et les niveaux de résistance, et les raisons biologiques qui sous-tendent les deux. Les pays les plus pauvres devraient recevoir une assistance pour la collecte de données.

Promouvoir de nouveaux tests de diagnostic rapide pour réduire l’utilisation inutile d’antibiotiques

De nombreux antibiotiques sont prescrits dans les cas où une infection bactérienne n’a pas été confirmée, par mesure de précaution. De nouveaux types de tests pourraient aider à prévenir cela.

La revue espère que d’ici 2020, dans les pays riches, les antibiotiques ne seront prescrits que si une infection bactérienne a été confirmée par des tests.

Promouvoir le développement et l’utilisation de vaccins et d’alternatives

Encourager l’adoption de vaccins existants, ainsi que fournir des incitations à la création de nouveaux vaccins, devrait contribuer à réduire la demande d’antibiotiques contre-indication.

Il peut également y avoir des interventions alternatives qui peuvent aider à prévenir les infections.

Améliorer le nombre, le salaire et la reconnaissance des personnes qui travaillent dans le domaine des maladies infectieuses

Les professionnels de la santé spécialisés dans les maladies infectieuses ont tendance à être moins bien rémunérés que leurs homologues travaillant dans d’autres domaines.

Une tendance similaire peut être observée chez les travailleurs des secteurs privé et public impliqués dans la recherche sur l’infection.

Établir un fonds mondial d’innovation pour la recherche préliminaire et non commerciale

L’étude recommande qu’un Fonds mondial d’innovation, doté de 5 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, soit créé pour financer la recherche «ciel bleu» – recherche qui pourrait ne pas avoir d’application commerciale immédiate, mais pourrait mener à des percées dans le futur.

Meilleures incitations pour promouvoir l’investissement dans de nouveaux médicaments et améliorer ceux qui existent déjà

Actuellement, la recherche sur les antibiotiques ne génère pas beaucoup de bénéfices. Les compagnies pharmaceutiques devraient donc être encouragées par des incitations significatives, comme une récompense pour la mise sur le marché d’un nouveau médicament.

Construire une coalition mondiale pour une action réelle

La résistance aux antibiotiques est un problème mondial, elle ne peut donc être combattue que par une action mondiale. L’examen recommande que les pays du G20 mènent des actions via les Nations Unies.